Calculer la pente d'un toit, en degrés et en pourcentage
La pente d'un toit s'exprime de deux façons, et les deux se croisent dans la même conversation : le couvreur parle en pourcentage, le calcul de surface se fait en degrés, et le document d'urbanisme impose parfois l'un ou l'autre. Voici comment passer de l'un à l'autre, et comment connaître la pente de son toit.
Degrés ou pourcentage : ce n'est pas la même chose
Le degré est l'angle entre le toit et l'horizontale. Le pourcentage est le rapport entre la hauteur montée et la distance parcourue à l'horizontale : 100 % signifie qu'on monte d'un mètre pour un mètre d'avancée — soit 45°, et non 90°.
C'est le contresens le plus fréquent : une pente de 100 % n'est pas un mur, c'est un toit à 45°.
| Degrés | Pourcentage |
|---|---|
| 15° | 27 % |
| 30° | 58 % |
| 35° | 70 % |
| 45° | 100 % |
| 60° | 173 % |
Les formules
Pour passer des degrés au pourcentage :
pourcentage = tangente(angle) × 100
Et dans l'autre sens :
angle = arctangente(pourcentage ÷ 100)
Sur une calculatrice, les touches s'appellent tan et tan⁻¹ (ou atan).
Sur un tableur, =TAN(RADIANS(35))*100 donne 70 %.
À quoi sert la pente, concrètement
Elle décide de la surface à couvrir. Un toit incliné couvre plus de surface que son ombre au sol, dans un rapport de 1 ÷ cosinus(angle). Une maison de 100 m² au sol demande 122 m² de couverture à 35°, et 141 m² à 45°.
Elle limite le choix du matériau. Chaque modèle de tuile a une pente minimale d'emploi — et c'est plus subtil qu'un chiffre unique. Cette pente minimale dépend de quatre choses à la fois :
- la zone géographique (la France est découpée en trois zones) ;
- l'exposition du site : protégé, normal ou exposé, et l'altitude ;
- la longueur du rampant, c'est-à-dire la distance du faîtage à l'égout ;
- la présence ou non d'un écran de sous-toiture, qui autorise des pentes plus faibles.
Ces tables sont fixées par les règles professionnelles françaises, les normes dites DTU (Documents techniques unifiés) — par exemple le DTU 40.21 pour les tuiles de terre cuite à emboîtement. Chaque fabricant les reprend dans la fiche technique de ses modèles, sous le titre « pentes minimales admissibles ». C'est là qu'il faut lire la valeur, pas dans un tableau général : deux tuiles de la même famille n'ont pas la même.
Concrètement : donnez la pente de votre toit à votre couvreur ou à votre fournisseur, ils vous diront quels modèles sont utilisables chez vous.
Elle conditionne certains travaux. L'installation de panneaux solaires, la pose d'une fenêtre de toit ou la récupération d'eau de pluie dépendent de l'inclinaison et de l'orientation.
Mesurer la pente de son toit
Depuis le sol, avec une photo. Prenez le pignon bien de face, à bonne distance, et mesurez l'angle sur l'image. C'est approximatif, mais suffit à distinguer un toit à 30° d'un toit à 45°.
Dans les combles, avec un niveau et un mètre. Posez un niveau à bulle à l'horizontale contre un chevron, mesurez 100 cm à l'horizontale, puis la hauteur qui sépare cette extrémité du chevron : cette hauteur en centimètres est directement la pente en pourcentage.
Sans monter, avec le relevé laser de l'IGN. L'IGN relève le territoire au laser depuis un avion, et ces données sont publiques. La pente de chaque pan s'y lit directement, comme son orientation et sa surface.
Calculez la pente et la surface de votre toit depuis votre adresse