Méthode et précision
Ce que nous mesurons, comment nous le vérifions, et ce que nos chiffres couvrent — ou ne couvrent pas.
D’où vient la mesure
L’IGN relève le territoire au laser depuis un avion : c’est le programme LiDAR HD, publié en données ouvertes, qui couvrait 78 % de la surface des communes en septembre 2026. Sa spécification annonce 10 cm de précision en altitude.
À partir de votre adresse, le bâtiment est isolé au cadastre, les points laser qui tombent sur son toit sont lus, et chaque pan est reconstruit : sa pente, son orientation, sa surface. La photo aérienne ne sert qu’à choisir le bâtiment et à vérifier les pans — aucune mesure n’en est tirée.
La surface affichée est la somme des surfaces des pans, sans coefficient ni moyenne. La date du relevé laser accompagne chaque résultat : le toit est mesuré tel qu’il était ce jour-là, et une extension postérieure n’y figure pas.
Les contrôles automatiques
Chaque mesure passe deux contrôles principaux. Le premier est un modèle de précision, qui estime l’écart probable sur ce toit à partir de la forme des pans et de la densité du relevé. Le second vérifie que les pans mesurés couvrent bien le bâtiment du cadastre et ses annexes sur la parcelle : entre 80 % et 160 % de leur emprise au sol.
Trois autres situations font échouer une mesure : une zone du relevé laser non livrée par l’IGN, un relevé trop peu dense (moins de quatre points par m²), et l’impossibilité de rattacher un pan au bâtiment du cadastre, où le calcul se replie alors sur son emprise au sol.
« Mesure contrôlée » ou « à confirmer »
Une mesure qui passe tous ces contrôles, sur un relevé complet, est affichée mesure contrôlée. C’est le cas courant, et c’est celle dont parlent nos chiffres de précision.
Sinon, elle est affichée mesure à confirmer, avec la raison en clair. Le chiffre reste visible — le cacher ne rendrait service à personne — mais nos chiffres de précision ne le couvrent pas, et la surface demande une vérification sur place avant d’être engagée.
Dans les deux cas, vous pouvez écarter d’un clic un pan qui n’est pas à vous : le garage du voisin, un arbre, une véranda que vous ne refaites pas. Le total devient alors la somme des pans que vous gardez, et le rapport PDF le dit.
Ce que valent ces chiffres
Le chiffre que nous annonçons porte sur les toits classés « mesure contrôlée » : parmi 545 toitures de Montpellier comparées à un relevé fait à la main sur photos aériennes, 84 % étaient à moins de 10 % d’écart et 57 % à moins de 5 %. C’est la phrase affichée sous chaque mesure contrôlée, et c’est celle qui engage l’outil.
Comment la méthode a été validée, c’est une autre question, et elle se mesure autrement : 257 toitures tirées dans des zones jamais utilisées pour la mise au point, un critère de réussite fixé par écrit avant d’ouvrir le test, et un seul jugement. Résultat : un écart moyen de surface de 6,7 %, tous toits confondus — y compris ceux que nous refusons ensuite de classer « contrôlés ».
Les pentes ont été comparées à une source indépendante du laser, le modèle 3D que l’IGN tire de ses photos aériennes : sur 20 toits, l’écart moyen est de 0,4° sur la pente et de 1,6° sur l’orientation, avec la version précédente de notre délimitation.
Les limites, dites franchement
Ces chiffres sont ceux de Montpellier, où les toits sont peu pentus — 16 à 17° en médiane. La méthode n’a pas été confrontée à une référence sur des toits plus raides ; c’est pourquoi un toit nettement plus pentu porte une mention qui le signale.
Ces mesures ont été faites par nous, sur des données publiques vérifiables, mais elles n’ont pas été auditées par un tiers.
L’égout et la rive ne sont pas mesurés. La mesure porte sur la géométrie du toit, jamais sur l’état de la couverture : elle ne dit rien d’une tuile cassée, d’une charpente fatiguée ni de la présence d’amiante.
Enfin, un résultat date du jour du relevé laser, pas d’aujourd’hui.