MesureToiture
← Guides

Surface de toit et panneaux solaires : ce qu'il faut savoir avant de se lancer

Avant de demander un devis photovoltaïque, trois chiffres décident de presque tout : la surface du pan, sa pente et son orientation. Les trois se lisent sans monter sur le toit.

La surface du pan, pas celle du toit

Un projet solaire ne se pose pas sur « le toit » : il se pose sur un pan, celui qui regarde le bon côté. C'est donc la surface de ce pan-là qu'il faut connaître, pas le total de la maison.

Et c'est la surface inclinée, celle du plan du toit — pas son ombre au sol.

L'orientation

En France métropolitaine, un pan plein sud reçoit le plus d'énergie sur l'année ; l'est et l'ouest en reçoivent moins, mais étalé différemment sur la journée, ce qui peut convenir quand on consomme le matin ou le soir. Un pan plein nord est le seul à écarter d'emblée.

Pour donner un ordre de grandeur, voici ce que produit une installation d'un kilowatt-crête au centre de la France, selon l'orientation du pan, à pente égale (35°) :

Orientation Production annuelle Écart avec le sud
Plein sud 1 201 kWh —
Est 958 kWh −20 %
Ouest 949 kWh −21 %
Plein nord 629 kWh −48 %

Un pan est ou ouest perd donc environ un cinquième par rapport au sud : ce n'est pas rédhibitoire, et cela peut même convenir si vous consommez surtout le matin ou le soir. Un pan plein nord, en revanche, perd près de la moitié.

Source : PVGIS, l'outil de la Commission européenne (version 5.2), simulation faite pour une latitude de 47,08° et une longitude de 2,40°, 1 kWc, pertes système de 14 %. Les valeurs changent avec la région : refaites le calcul pour votre adresse sur le site de PVGIS.

La pente

Elle entre dans le même calcul que l'orientation, mais elle pardonne davantage. Toujours au centre de la France, plein sud :

Pente du pan Production annuelle
0° (toit plat) 1 013 kWh
15° 1 132 kWh
30° 1 194 kWh
35° 1 201 kWh
45° 1 196 kWh
60° 1 135 kWh

Autrement dit, tout ce qui se situe entre 30 et 45° revient pratiquement au même, et même un toit à 15° ne perd que 6 %. La pente décide surtout du mode de pose : intégré au bâti, surimposé, ou sur un support incliné quand le toit est presque plat.

Source : PVGIS, mêmes paramètres que ci-dessus.

Ce qui réduit la surface exploitable

La surface d'un pan n'est jamais entièrement couvrable. Il faut retirer :

  • les obstacles : cheminée, fenêtre de toit, antenne, sortie de ventilation ;
  • les retraits de bord, imposés par la pose et par la prise au vent ;
  • les zones ombragées : un arbre, un pignon voisin, une souche de cheminée.

L'ombre compte double : sur certaines installations, un module ombragé pénalise toute une chaîne de modules, pas seulement lui-même.

Nous ne donnons pas ici de surface par module ni de puissance au mètre carré : les deux changent vite d'une génération de panneaux à l'autre, et un installateur part de toute façon du calepinage réel de votre pan. Ce que vous pouvez apporter au rendez-vous, en revanche, c'est la surface, la pente et l'orientation exactes — c'est ce qui fait gagner du temps.

Et les démarches

En France, poser des panneaux sur un toit existant demande une déclaration préalable de travaux en mairie : l'installation modifie l'aspect extérieur du bâtiment. Si vous construisez la maison, elle entre dans la demande de permis de construire.

En site patrimonial remarquable, aux abords d'un monument historique ou en site classé, des règles supplémentaires s'ajoutent, et l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est requis. Votre mairie vous dira ce qui s'applique à votre parcelle : cela dépend du plan local d'urbanisme.

Source : service-public.gouv.fr, qui renvoie à l'article R*421-17 du code de l'urbanisme.

Connaître ses trois chiffres

La surface, la pente et l'orientation de chaque pan se lisent dans le relevé laser public de l'IGN, pan par pan, sans visite.

Mesurer votre toit, pan par pan, depuis votre adresse

Calculer la surface d’une toiture